UNE GUINEE NOUVELLE EST POSSIBLE

Transport aérien : Quatre questions à M. Ousmane Gaoual DIALLO [INTERVIEW]

Dans le dernier numéro du magazine de la SOGEAC, Monsieur le Ministre des Transports et Porte-parole du Gouvernement, a accordé une interview au service communication de la SOGEAC. Dans cet entretien, M. Ousmane Gaoual DIALLO est revenu sur le projet présidentiel de la modernisation de l’aéroport, la relance de la compagnie aérienne nationale ou encore la gestion du carbone de l’aéroport Ahmed Sékou Touré.

 

Lisez plutôt !

 

Comment le secteur des transports en Guinée se caractérise-t-il ?

 

La Guinée partage ses frontières avec six pays (Guinée-Bissau, Sénégal, Mali, Sierra Leone, Libéria et Côte d’Ivoire), ce qui la place au cœur des échanges en Afrique de l’Ouest. Pourtant, malgré cet atout géographique, nos infrastructures de transport ont longtemps montré des faiblesses, notamment au niveau routier et dans la gestion des projets d’investissement.

 

Depuis le 5 septembre 2021, le CNRD a pris la question à bras-le-corps. Sous l’impulsion du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, les infrastructures de transport sont devenues un levier pour le développement. L’accent a été mis sur l’amélioration du réseau routier.

Concrètement, cela nous a permis de faire passer l’indice de couverture du réseau routier de 30 % en 2021 à 55 % en 2024.

En parallèle, la modernisation de l’aéroport international Ahmed Sékou Touré et des infrastructures portuaires a renforcé la position de la Guinée sur la scène régionale.

Le Port Autonome de Conakry, par exemple, a gagné deux places, passant à la 6e position en Afrique subsaharienne, tout en restant le premier port en Afrique de l’Ouest. Ces améliorations ne sont pas seulement des chiffres, elles impactent concrètement les échanges et la compétitivité de notre pays.

 

Qu’en est-il du secteur du transport aérien pour l’année 2025 ?

 

La Guinée ambitionne de devenir un acteur majeur du transport aérien en Afrique. Pour y arriver, nous devons investir stratégiquement, à la fois dans les infrastructures et dans la relance de notre compagnie aérienne nationale.

 

En février 2023, nous avons signé avec Albayrak, une société turque, pour moderniser l’aéroport international Ahmed Sékou Touré. Le contrat, basé sur le modèle Engineering, Procurement, Construction and Financing (EPCF), garantit une gestion optimisée. Les premiers travaux concernent un terminal d’aviation générale, un terminal de fret de 20 000 tonnes par an, des bâtiments administratifs, un poste d’accès routier d’inspection filtrage (PARIF) et une centrale électrique neuve. Ces installations seront prêtes d’ici la fin de l’année.

 

Une nouvelle aérogare internationale, avec une capacité de 3 millions de passagers, est également prévue. Ce projet ne concerne pas uniquement Conakry. La modernisation des quatre aérodromes régionaux de Kankan, Labé, Faranah et N’zérékoré est en phase finale, avec un budget de 59,9 millions de dollars.

 

Ces projets, inscrits au programme Simandou 2040, vont désenclaver des régions et les transformer en pôles de développement.

 

Conakry, peut-il être un hub aérien ?

 

Pour que Conakry devienne un hub aérien, nous avons deux objectifs principaux : construire un aéroport international moderne et relancer une compagnie aérienne nationale qui puisse desservir non seulement le pays, mais aussi toute la sous-région. Cette nouvelle infrastructure aéroportuaire va aussi encourager la création de PME et attirer des investissements étrangers, tout en valorisant notre potentiel minier. Nous suivons l’exemple de Lomé, où le partenariat avec Ethiopian Airlines a permis à l’État togolais de devenir actionnaire de la compagnie ASKY. C’est un modèle qui fonctionne.

 

En relançant notre compagnie aérienne, nous ouvrirons de nouveaux marchés, surtout dans la sous-région. Nos aérodromes régionaux permettront de proposer des options de transport plus rapides et accessibles, aussi bien pour nos compatriotes que pour nos voisins, notamment la Guinée-Bissau, le Sénégal, le Mali, la Sierra Leone, le Libéria et la Côte d’Ivoire. À long terme, la compagnie pourra s’étendre à d’autres destinations, en Afrique et même au-delà.

 

Nous nous engageons, avec les acteurs de l’aviation civile, pour faire de Conakry un hub régional.

 

Au moment où les aéroports font de la réduction de l’empreinte carbone une priorité, quelle est votre position sur le sujet ?

 

Notre priorité est de rendre le secteur des transports plus performant tout en respectant nos engagements environnementaux. Il est crucial de promouvoir un modèle de développement sobre en carbone et résilient face au changement climatique.

 

La gestion du carbone de l’aéroport Ahmed Sékou Touré est au cœur de nos actions. Nous avons d’ailleurs encouragé la SOGEAC à s’engager dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

 

Depuis juillet, l’aéroport international Ahmed Sékou Touré fait partie du programme « Airport Carbon Accreditation » (ACA), développé par ACI Europe. Ce programme permettra à l’aéroport de suivre et réduire son empreinte carbone de façon efficace, tout en améliorant son efficacité énergétique.

 

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